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Voix de l'ASC au Canada

Les voix du programme ASC de Lakehead University, Thunder Bay, ON

Les voix du programme ASC de l’Université de Colombie-Britannique

 

Réflexion personnelle

...brèves réflexions d’étudiants canadiens et d’autres participants sur leurs expériences ASC

QUELQUES RÉFLEXIONS SUR L’ACASC, SA MISSION ET SON AVENIR
Par Edward Jackson, Ph.D., doyen associé (Recherche et Affaires des diplômés), Faculté des affaires publiques, Université Carleton, membre d’office du comité de direction de l’ACASC et personne assurant la liaison entre Carleton et l’ACASC.

Les points suivants ont été soulevés par M. Jackson pendant les journées de réflexion de l’ACASC sur la planification stratégique.

Permettez-moi de vous soumettre cinq sujets de réflexion concernant la mission et l’avenir de votre Alliance.

En raison des pressions continues de la concurrence dans le secteur des universités pour attirer et retenir les étudiants, l’apprentissage par le service communautaire (ASC) poursuit sa trajectoire en se rapprochant toujours davantage de l’activité fondamentale des universités.

Oui, une large part de la pratique des universités en matière d’ASC se résume encore au branding, aux brochures et à une poignée de programmes novateurs. Cependant la concurrence (dictée par la quête de revenus) pousse les universités à considérer sérieusement toutes les formes d’engagement communautaire, de l’ASC à l’enseignement coopératif, à la recherche selon les besoins communautaires et d’autres encore. Celles-ci sont de plus en plus considérées comme des outils pour rehausser l’expérience des étudiants, accroître le taux de maintien aux études et de réussite et augmenter le recrutement. Et les arguments des universités pour investir d’importantes sommes dans le financement de l’infrastructure pour soutenir l’ASC à grande échelle seront de plus en plus convaincants dans les années à venir. En outre, stimulé par la double cohorte en Ontario et d’autres facteurs, l’ASC prendra de l’importance dans les programmes des cycles supérieurs de même que de premier cycle.

Bâtir la capacité d’un secteur pancanadien exige un minimum de 10 ans – et beaucoup de ressources

En fait, la première décennie consacrée à la création d’un secteur peut être considérée comme la Phase I. Même dans notre petit pays de 30 millions d’habitants, dix ans ne nous mènent pas très loin. Nous devrions former de multiples générations de leaders pour que la démarche ASC s’étende sur les 25 prochaines années. J’espère que vous ne vous sentez pas déjà fatigués! Et il y a de nombreuses façons de bâtir un secteur: action-recherche, réseautage, perfectionnement professionnel – toutes des stratégies clés. À celles-ci j’ajouterais le financement pour le renforcement des capacités organisationnelles, le  mentorat et les conseils techniques, pour la définition et la recommandation de politiques novatrices et, surtout, le changement institutionnel tant à l’échelle du secteur qu’au niveau local. J’ose espérer que la fondation McConnell et d’autres acteurs saisissent l’étendue de la tâche; en fait, ils comprennent, mais aussi ils sont parfois impatients de constater le changement.

Dans les universités canadiennes, les obstacles au changement se trouvent aux niveaux de la direction et des systèmes, et il faut s’y attaquer directement et vigoureusement.

Si votre Alliance a joué un rôle prépondérant dans la définition, l’évaluation et la promotion des dimensions de programmation de l’apprentissage par le service communautaire, et c’est là où il fallait commencer, les prochains obstacles à l’approfondissement et à la diffusion de cette approche sont essentiellement de nature systémique. Certains d’entre vous ont été des chefs de file dans la mise en place de structures de soutien à l’ASC. Toutefois, il faut aller plus loin dans l’ADN de l’institution. En particulier, la structure d’incitatifs devant encourager les membres du corps professoral à s’engager auprès de la communauté dans leur enseignement et leur recherche – déterminée par les critères et les pratiques relatifs à la permanence et aux promotions – doit s’aligner sur l’engagement communautaire. Nous devons demeurer de fermes tenants de la qualité, de la rigueur et de l’indépendance universitaire. Cependant, il faut encourager surtout les jeunes membres du corps professoral à s’engager avec des partenaires externes pendant qu’ils travaillent à obtenir la permanence et des promotions – non pas beaucoup plus tard dans leur carrière, quand ils auront atteint ces objectifs. Les problèmes sociaux des communautés ne peuvent attendre que les professeurs atteignent la mi-carrière!

Agir efficacement face à un problème aussi fondamental exigera une stratégie originale et la résilience dans son application. Au niveau pancanadien, des recteurs d’universités, l’AUCC, le CRSH, l’Association canadienne de l’enseignement coopératif et d’autres organismes devraient être approchés comme alliés potentiels dans cette démarche. L’ACASC peut (et, à mon avis, devrait) créer un conseil consultatif formé de hauts dirigeants d’universités pour aborder cette question et d’autres sujets clés. Des représentants syndicaux aussi devraient s’efforcer de trouver des moyens d’aller de l’avant qui respectent les principes et le processus de la négociation collective.

Pour les organismes communautaires, le principal défi est le financement de base; pour eux, c’est une question d’accès à des fonds, de contrôle des fonds et de coûts de renonciation.

Les universités qui cherchent à maintenir leur engagement à l’égard d’organismes communautaires doivent comprendre qu’en général c’est foncièrement une question d’argent. Ces organismes (appelons-les des organismes de la société civile ou OSC) luttent vigoureusement tous les jours pour générer des revenus leur permettant d’accomplir leur mission. Toutefois, ils fonctionnent dans un monde d’hyper-concurrence, fragmenté, un monde de possibilités à court terme et parfois teinté par un curieux niveau de préoccupation des bailleurs de fonds concernant l’obligation de rendre des comptes. Ces organismes aimeraient pouvoir, dans leurs négociations avec les universités (et d’autres acteurs), avoir accès à des fonds suffisants de sorte que leur engagement avec les étudiants et le corps professoral ne leur coûte rien financièrement (ou en termes de temps). Ils devraient aussi contrôler la gestion des fonds consacrés aux partenariats avec les universités. Il nous faut expérimenter avec des modèles pour atteindre ces objectifs. À mon avis, si nous pouvons régler la question monétaire, nos partenariats avec les communautés seront plus équilibrés, novateurs et productifs, et ils se maintiendront.

L’ACASC a besoin d’un plan stratégique pluriannuel et progressif pour aborder ces facteurs et d’autres en allant de l’avant.

Un plan stratégique doit avoir une vision à long terme de l’évolution de l’organisme comme instrument de création d’un secteur. Il devrait prévoir une approche progressive pour permettre à l’organisme de se donner suffisamment de capacité pour entreprendre la tâche. On ne peut ni ne devrait tout faire à la fois. Cependant le changement doit être animé, dans les sphères de l’université et de la communauté, à plusieurs niveaux qui devraient se renforcer les uns les autres: particuliers, organismes et établissements locaux, organismes sectoriels et environnement politique. Je crois que l’ACASC peut et devrait prévoir une trajectoire qui l’emmène « vers le haut », du niveau micro aux niveaux méso et macro, au cours de la prochaine décennie. La forme de l’organisme et la composition de ses revenus devraient évoluer au fur et à mesure qu’il accompagne et, avec ses alliés, anime ce processus de changement.

 

Réflexions de la communauté sur un partenariat ASC
par Jane Hennig, directrice générale du Volunteer Action Centre de Kitchener-Waterloo et sa région

L’apprentissage expérientiel par l’interaction entre des étudiants et des organismes bénévoles s’est fait, pendant de nombreuses années, grâce à des ententes officieuses dans la région de Waterloo. Les partenariats individuels étaient et continuent d’être positifs. Dans le passé, le Volunteer Action Centre ne jouait qu’un rôle minimal comme ressource pour les organismes du secteur bénévole et comme centre de recrutement permettant aux étudiants de trouver des postes bénévoles.

Quand le concept d’apprentissage par le service communautaire (ASC) est devenu plus précis et a commencé à se répandre, notre centre a été invité à agir comme point de contact entre les établissements postsecondaires et le secteur bénévole. L’Université Wilfrid Laurier a reçu du financement de la fondation McConnell pour ouvrir le Laurier Centre of Community Service Learning. De plus, à l’Université de Waterloo une diversité de départements développent des formes d’ASC et le collège Conestoga offre une gamme de cours dont le programme comprend le service communautaire.

Le Volunteer Action Centre travaille en étroite collaboration avec les organismes bénévoles de Kitchener-Waterloo et de la région et s’associe souvent avec United Way de Cambridge et de North Dumfries pour des projets régionaux. Grâce à une étude récente (2007) du Waterloo Wellington Training and Adjustment Board, nous savons que 53 % des organismes de bienfaisance de la région de Waterloo sont dirigés uniquement par des bénévoles, que 13 % des organismes n’ont qu’un effectif à temps partiel et que 41 % de ceux qui ont un personnel à plein temps ont 4 employés ou moins. Nous savons aussi que la région possède 3 grands établissements d’enseignement postsecondaire, qui manifestent tous un intérêt croissant pour l’ASC. Quelle occasion extraordinaire de renforcer la capacité communautaire! Et aussi quel véritable défi de travailler à l’atteinte de cet objectif de façon à ce que le résultat devienne un atout durable! Il faut procéder de la bonne manière pour que l’ASC soit une ressource communautaire fiable qui ne ponctionnera pas les ressources du secteur bénévole durant le processus.

Le 18 mars, le Volunteer Action Centre a tenu un forum communautaire en partenariat avec le collège Conestoga, l’Université de Waterloo et l’Université Wilfrid Laurier. Le forum a réuni des représentants de ces trois établissements ainsi que du personnel et des bénévoles d’un éventail d’organismes sans but lucratif de la région. L’objectif était d’entamer un dialogue et d’acquérir une même compréhension des bienfaits de l’ASC pour notre communauté. Autre avantage, l’occasion d’échanges entre toutes les parties prenantes sur les projets en cours et les réalisations de même que sur ce que pourraient être les prochaines étapes. C’était là le premier pas dans une démarche visant à nous assurer que nous procédons de la bonne manière pour les étudiants, pour les professeurs, pour les établissements postsecondaires et pour les organismes bénévoles de notre communauté.  

L’apprentissage par le service communautaire offre une merveilleuse possibilité. J’ai hâte de voir cette démarche pédagogique progresser et trouver une place durable dans les communautés canadiennes où des établissements postsecondaires se sont engagés dans la collectivité.

L’apprentissage par le service communautaire à STFX
par Marla Gaudet, directrice du programme d’apprentissage par le service communautaire

L’Université StFX est un établissement de petite taille, consacré principalement aux études de premier cycle, en zone rurale néo-écossaise. Il offre des programmes en arts et en sciences, ainsi que des programmes professionnels. Il existe des possibilités d’apprentissage par le service communautaire dans de nombreuses disciplines et dans toutes les années d’études. Si les professeurs, les administrateurs et les partenaires communautaires peuvent tous confirmer l’importance du programme pour l’apprentissage et le développement des étudiants, ce sont surtout ces derniers qui l’attestent le mieux. Voici quelques-uns de leurs commentaires, recueillis au fil des ans.

« Je me sens presque coupable en constatant que, même si le service devait bénéficier à d’autres… je crois sincèrement que c’est moi qui en ai tiré le plus d’avantages. »

« Cela m’a aidé à comprendre que ce que j’apprends en classe peut être ″connecté″ au monde extérieur. »

« Cette expérience m’a certainement encouragé à accroître mon action bénévole dans ma communauté. »

« Cette expérience m’a vraiment aidé à découvrir qui je suis et quel genre de personne je veux devenir. »

« Apprendre à travailler avec des personnes à différents stades de la vie est très important pour mon éducation. »

« Cela m’a donné envie d’appartenir à la communauté dans laquelle je vis. Je veux poursuivre mes activités de bénévolat, même après mon départ de StFX. »

« Cette expérience m’a ouvert les yeux sur la façon dont vivent les gens dans différentes situations. »

« Aider les autres m’a donné un sentiment de satisfaction et j’en ai tiré des leçons. »

« C’était une remarquable expérience d’apprentissage pratique. J’ai pu utiliser les connaissances acquises en classe et les appliquer à ma tâche. »

« L’apprentissage par le service communautaire m’a donné la capacité d’exercer un leadership. J’ai pu utiliser des compétences acquises durant mes études. »

« Je crois pouvoir mettre à profit mes expériences dans un grand nombre de situations diverses dans l’avenir. »

« Je recommande fortement le programme d’apprentissage par le service communautaire. Quels que soient le grade visé et leurs projets d’avenir, je crois que les étudiants travailleront dans des communautés et que l’ASC leur apprend comment interagir dans leur propre communauté et dans d’autres. »

Apprendre en dehors de la classe: la perspective d’une étudiante
par Aliisa Paivalainen

C’est dans le cadre de mon cours de niveau 300 sur la sociologie de la mondialisation, l’automne dernier, que j’ai entendu parler du programme ASC à l’Université de l’Alberta. J’ai choisi pour mon placement un nouvel organisme appelé Ainembabazi Children’s Project (ACP), parce qu’il s’intéresse principalement au développement des orphelins du SIDA en Ouganda, région qui m’intéresse tout particulièrement. Depuis la fin de ce cours, je continue de m’impliquer dans ACP et compte me rendre en Ouganda pour travailler à un de nos projets dans l’année qui vient. Tout cela peut être largement attribué au programme ASC de l’Université de l’Alberta.

Étudiante de premier cycle venant de l’extérieur de la province, c’était très difficile pour moi de trouver des moyens de m’intégrer à la communauté d’Edmonton, et plus encore des organismes qui m’intéressaient réellement. L’ASC m’a vraiment aidée à faire un pas dans la bonne direction.

Une des plus grandes qualités du programme ASC a été sa capacité de m’aider à analyser rationnellement l’organisme Ainembabazi à l’aide du matériel du cours. Le programme m’a aussi permis de comprendre le rôle de l’organisme dans le cadre plus vaste de la société planétaire. Plus j’analysais l’organisme et l’évaluais d’un œil critique, plus je me rendais compte des obstacles qu’il avait à surmonter et du travail remarquable qu’il accomplissait. Découvrir les fondements et la structure de l’organisme m’a vraiment intéressée et aidée à apprécier toute réussite dans ce domaine. Cela ne se serait sans doute pas produit si je n’avais été qu’une « simple bénévole » auprès de l’organisme.

L’effet le plus positif de l’ASC a été de me pousser constamment à m’engager davantage dans cet organisme et à essayer de vraiment comprendre son mode de fonctionnement. C’est ce renforcement qui, en dernier ressort, a influencé mon travail auprès de l’organisme. En somme, j’ai vraiment apprécié mon cours ASC et je suis heureuse qu’il m’ait permis de m’impliquer dans un organisme ayant des objectifs à long terme et dans un domaine qui m’intéresse vraiment.

Johanna Jackle, étudiante au Collège St. Thomas More à Saskatoon (Saskatchewan), réfléchit à son expérience d’apprentissage par le service communautaire auprès de AIDS Saskatoon.

Journal, 1er février 2007

Introduction à la sociologie

« En choisissant AIDS Saskatoon comme expérience d’apprentissage par le service communautaire, je n’avais aucune idée du travail qui m’attendait, ni des personnes avec lesquelles j’allais travailler et je ne prévoyais pas l’impact que ces expériences auraient finalement sur ma vie personnelle. J’ai abordé cette situation aveuglément, vraiment, en ignorant tout des personnes marginalisées et de leur réalité quotidienne. Ce qui m’a le plus impressionnée a été de constater l’importance d’une communauté et ce que signifie en faire partie. Compte tenu de tout ce qui différencie les personnes, il est facile de se sentir découragé et seul, plus encore pour ceux dont la situation en fait des éléments marginaux de la société. Avoir un endroit où l’on ne se sent pas étranger, un endroit où l’on est confortable et traité avec bienveillance et respect est une sensation phénoménale. Pouvoir fréquenter un endroit où l’acceptation est la valeur fondamentale et où l’on peut bénéficier de soutien et de compagnie est essentiel à la vie humaine. C’est ce que je suis parvenue à constater et à expérimenter à AIDS Saskatoon grâce à l’apprentissage par le service communautaire.

Le plus grand impact que mes activités auprès de l’organisme ont eu sur moi a été de me déterminer à faire en sorte que mon éducation soit orientée vers le soutien de la communauté d’une manière ou d’une autre. J’ai appris l’importance d’accepter les autres, sans porter de jugement, et d’exprimer un « amour aveugle » à chaque personne, peu importe sa place ou son rôle dans le monde. J’ai aussi appris que le changement social ne se réalise pas seulement à un niveau mais qu’il est multidimensionnel et exige des actions à chaque niveau, et je me sens tenue de diriger mon attention vers la communauté. »

 

Les Picom, un tremplin vers les communautés
par Rémi Doré
Coordonnateur des Picom, UQTR

Depuis j’envier 2006, l’Université du Québec à Trois-Rivières propose à ses étudiants de deuxième et de troisième année de baccalauréat un cours de six crédits en intervention communautaire.  Ce cours complémentaire à la formation permet aux étudiants de vivre une expérience d’engagement communautaire interdisciplinaire à partie duquel ils conçoivent, réalisent et évaluent un projet d’intervention avec les milieux partenaires de la Mauricie et du Centre-du-Québec.  Encadrées par un enseignant, soutenues par un mentor désigné par la communauté, les équipes, composées de trois à cinq étudiants, réaliseront un projet qui répond à un besoin identifié par celle-ci.

Comme coordonnateur des projets d’intervention communautaire (Picom), je me sens privilégié de pouvoir rencontrer et accompagner ces personnes qui se dévouent pour autrui. Chacun des projets (dix-huit en 2006) a créé un espace pour aider les étudiants à développer des compétences relationnelles, culturelles, communicationnelles et personnelles qui se développent qu’en étant mis dans une situation réelle. À mon grand étonnement, un nombre grandissant d’étudiants inscrits dans un Picom continuent leur engagement même si leur projet est officiellement terminé. Aussi, ils réalisent la richesse d’une intervention interdisciplinaire pour leur propre vie présente et future, même si cet exercice demeure assez exigent peur eux.

La communauté universitaire commence à s’ouvrir à l’apprentissage par le service communautaire. Il reste encore beaucoup d’obstacles à franchir. Le fonctionnement des Picom invite les étudiants et les professeurs à apprendre autrement. L’engagement par le service communautaire provoque certains changements ou passages qui peuvent demander beaucoup de temps. Cependant, je suis certain que les expériences actuelles des enseignants et des étudiants créeront cette brèche nécessaire pour que la communauté universitaire se préoccupe davantage de l’importance de s’allier aux communautés locales afin qu’étudiants et milieux sociocommunautaires innovent dans l’amélioration de la qualité de vie des gens de chez nous.

En septembre 2007, nous espérons démarrer entre quinze et vingt projets nouveaux qui permettront aux étudiants de vivre une expérience d’apprentissage réelle avec des situations humaines très diversifiées.

 

Ending the Cycle with Community Service Learning
par Arthur Churchyard
Étudiant au premier cycle, Université de Guelph

Décrocheurs, sans travail, sans perspectives d’avenir. Pour un grand nombre de jeunes Canadiens de la rue, ce dur mantra est une réalité quotidienne. À Guelph (Ontario), toutefois, une initiative d’apprentissage par le service communautaire interrompt le cycle en soutenant des jeunes désabusés qui ont choisi un moyen alternatif d’obtenir des crédits pour terminer leurs études secondaires. Le programme s’appelle Give Yourself Credit (GYC).

L’hiver dernier, j’ai eu le bonheur d’apprendre en compagnie de jeunes GYC en qualité de tuteur et de communicateur bénévole. Cette possibilité m’a été offerte lors d’un cours-séminaire d’apprentissage par le service communautaire (ASC) intitulé « L’art de communiquer la science ». Plusieurs autres étudiants suivant un cours ASC de troisième année du programme Arts et Sciences de l’Université de Guelph se sont joints au projet.

GYC illustre clairement pourquoi l’apprentissage par le service communautaire fonctionne. Le programme a eu un impact sur chacun des étudiants, car il nous a mis en présence de problèmes du monde réel. Nous étions mis au défi d’apprendre à partir d’expériences de service et de travailler en usant de créativité à l’intérieur d’une structure de cours souple. La première leçon que nous avons tirée est qu’un communicateur efficace doit être intéressé par le sujet et avoir recours à un vaste éventail de moyens visuels, oraux et tactiles.  Nous en avons tirées bien d’autres, comme l’importance de faire équipe pour enseigner et d’établir un lien entre la matière et la vie personnelle des adolescents.

L’impact sur la communauté a été manifeste: de nombreux jeunes ont accumulé des crédits en vue de l’obtention du diplôme d’études secondaires et plusieurs se sont finalement réinscrits dans une école secondaire locale. Même les médias et les Communications de l’Université se sont intéressés au travail accompli dans le GYC.

Qu’est-ce qui a rendu ce projet si intéressant? C’est le fait, je crois, que les gens s’entraidaient tout en apprenant les uns des autres. Le programme GYC a fourni aux étudiants universitaires un contexte où ils ont pu apprendre à communiquer efficacement; en retour, ils ont partagé leur temps et leurs connaissances. Cet élément est intéressant en soi mais, si on y ajoute les difficultés incroyables vécues par ces jeunes, il en ressort une histoire de changement positif.

Prenons, par exemple, le premier sujet que nous avons abordé avec les jeunes GYC: Les drogues et le cerveau. Plusieurs jeunes dans le programme ont un problème de toxicomanie, mais notre but était de leur présenter l’information d’un point de vue factuel et sous une forme amusante. Pour éviter de prêcher, nous avons eu recours à des vidéos scientifiques, des jeux et des activités sur Internet afin de communiquer l’information sur l’alcool et les stupéfiants et des notions de neuroscience. À la fin de la présentation, les jeunes connaissaient exactement l’effet sur le cerveau de drogues comme l’Ecstasy. Une autre présentation, très attendue, sur l’expertise médicolégale a donné aux jeunes GYC une expérience pratique, grâce aux microscopes empruntés de l’Université, et l’occasion d’éclaircir un mystère à l’aide d’éléments de preuve recueillis sur une soi-disant scène de crime. Tous ces exposés ont permis aux jeunes d’acquérir une bonne somme de connaissances en vue d’un crédit de formation générale.

Sur les 21 jeunes avec lesquels nous avons travaillé l’an dernier dans le cadre du GYC, quatorze ont accumulé des crédits et deux sont retournés à l’école secondaire. Devant la perspective de fréquents séjours en centres correctionnels ou de traitement pour toxicomanes, de crises familiales, de la violence et de la faim, voilà certainement un changement positif dont il y a lieu d’être fier. Reconnaissant ce fait, l’Université a publié un article de fond sur le projet dans son journal bimensuel At Guelph et lui a consacré une page sur son site Web. Le GYC a aussi été le sujet d’articles dans plusieurs journaux locaux, où les jeunes du GYC ont parlé de l’expérience positive qu’ils ont vécue avec des étudiants universitaires.

L’apprentissage par le service communautaire se distingue des autres formes d’apprentissage en raison de la durée de son impact sur les étudiants et sur la communauté. Pour preuve, faites simplement une visite, au cours de l’année, au local GYC du centre-ville de Guelph. Vous m’y verrez ou un autre des nombreux étudiants de l’Université de Guelph qui continuent leur action bénévole au GYC.

Cependant, la plupart des étudiants qui continuent d’agir ainsi bénévolement ont terminé leurs études. L’expérience ASC de l’an dernier nous a motivés à poursuivre notre engagement dans la communauté, à continuer de découvrir nos aptitudes et à les utiliser là où elles peuvent changer les choses.